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Nom de l'alternative : Association Bretz'selle
Ville : Strasbourg
Thématique : Economie, Ecologie
Visiter le site internet : http://www.bretzselle.org/
Votre bicyclette est cassée ? Plutôt que de la jeter et d'en acheter une nouvelle, optez pour le Do it Yourself (Faîtes-le vous même) et apprenez à le remettre en état grâce aux ateliers d'auto-réparation de vélo organisés par l'association Bretz'selle à Strasbourg. En plus de participer à la transmission de savoir dans la bonne humeur, l'association participe concrètement à la promotion de l'usage du vélo en ville.

« Monte ta selle de 5 centimètres et tu auras l’impression que ton vélo a un moteur ». Voilà le type de phrases qui fusent pendant les ateliers d’auto-réparation de cycles organisés par l’association Bretz’selle à Strasbourg. « Nous faisons de la mise à disposition d’outils, de pièces et de conseils pour apprendre aux cyclistes à réparer eux-mêmes leur vélo », explique Céline, coordinatrice de l’association.

L’atelier Bretz’selle n’est pas un magasin de cycles classique. Pour pouvoir pénétrer dans l’atelier , il faut être adhérent (15/25€ par an selon les bourses). Les membres ont ensuite le choix entre réparer leur propre monture ou descendre à la cave pour acheter une des bicyclettes endommagées récupérées par l’association afin de les remettre en état. Dans les deux cas, ils sont accompagnés par les trois salariés et des bénévoles de l’association qui leur indiquent la marche à suivre pour redonner un coup de jeune à leur petite reine.

Rien ne se perd

Tous les vélos récoltés (auprès de particuliers, de sociétés de parking ou de cités universitaires) sont diagnostiqués et leur prix de vente est fixé en fonction des réparations a effectuer. « Plus le vélo est abîmé, moins il coutera cher », explique Sacha, animateur-mécanicien salarié de l’association. Et l’auto-réparation fait du bien au portefeuille, les bolides sont généralement vendus moins de 40 €. Quant aux pièces utilisées, elles sont collectées sur des modèles non-réparables lors d’apéros démontage. Autour d’une bière et d’un saucisson, les adhérents sont invités à désosser des carcasses de petites reines. C’est l’opportunité pour eux de pousser plus avant leur apprentissage en « allant voir à l’intérieur d’un pédalier », précise Sacha.

Pendant l'été, pour faire face à l'affluence, l'atelier déborde sur le trottoir

Pendant l’été, pour faire face à l’affluence, l’atelier déborde sur le trottoir

Parmi les 1160 adhérents de l’association, presque autant de femmes que d’hommes. « Pas une marche de la pyramide des âges ne manque même s’il y a une grosse masse autour des 20/30 ans, explique Céline. Nous avons un public de bobos écolos mais aussi des accrocs au vélo, des amateurs de bidouille et d’autres qui viennent pour économiser de l’argent. Certains qui viennent juste pour boire un café ».

Et si tous les adhérents interrogés louent la bonne humeur qui règne dans l’atelier, ce sont des raisons différentes qui les ont poussé à se lancer dans le Do it Yourself (Faîtes-le vous même). Lauren qui se rend au travail tous les jours en vélo est venue parce que « ça coûte trop cher de faire réparer son vélo. Donc quand j’ai un peu de temps, je préfère le faire moi même », indique-t-elle. Effam qui va se lancer avec son groupe de musique dans un voyage en vélo a passé la porte pour rafistoler une bicyclette qu’il a trouvé sur internet. « Au delà de l’aspect financier, je viens surtout parce qu’il y a des gens qui savent s’y prendre », explique-t-il.

 Faire aimer le vélo

En effet, en plus des animateurs-mécaniciens salariés de l’association, de nombreux bénévoles sont là pour guider les néophytes. C’est le cas de Guillaume, coursier de profession. « Mon travail m’a fait connaître la mécanique du vélo. J’étais intéressé par l’idée d’aider les gens à réparer et je continue à apprendre moi-même. En plus, l’ambiance est sympa, ça crée du lien. Et puis ça permet de développer le goût des gens pour le vélo », raconte le jeune homme.

Et c’est là tout l’objectif de l’association : « Si tu peux entretenir ton vélo pour pas cher, le rendre plus confortable, plus sûr, il y aura moins de report modal (passage du vélo à la voiture en cas de crevaison par exemple). On est assez fiers de militer pour la promotion du vélo sans s’en rendre compte », se réjouit Céline. Cet ancienne militante dans une association écolo préfère de loin cette approche concrète aux discours moralisateurs et culpabilisants sur les dégâts causés par l’automobile et aux monologues sur les vertus du coup de pédale.

 Le vélo, arme d’éducation massive

Crédit Bretz'selle

Crédit Bretz’selle

En invitant les cyclistes à réparer eux-mêmes plutôt qu’à jeter, l’association encourage le recyclage et fait de l’éducation populaire sans avoir à s’affubler de ce genre d’étiquettes. Ils contribuent à redonner aux adhérents la foi en leur capacité de créer, d’être utiles, à eux-mêmes et aux autres. « On est tous capables de faire des choses. 30% des gens arrivent en se disant qu’ils ont 2 mains gauches. Mais au final, certains viennent pour une rustine et finissent par changer leur potence », remarque-t-elle.

Et pour que leur action ne se limite pas aux habitants du centre-ville, ils organisent grâce à l’atelier mobile qu’ils ont fabriqué des animations, notamment dans les quartiers populaires afin de « toucher le public partout », comme le résume Céline. Et pour cause, elle voit ces ateliers d’auto-réparation comme des « services de proximité. Il en faudrait 1 dans chaque quartier », plaide-t-elle.

L’association Bretz’selle a opté pour la forme associative et a choisi de générer des emplois.  Ils bénéficient de subventions publiques ou privées (à hauteur de 40% de leurs revenus) mais d’autres types d’organisation sont possibles. « Le spectre des manières de faire est ahurissant : des anarchistes et squatteurs qui ne veulent pas entendre parler d’argent aux mairies où ce sont les employés qui animent les ateliers. Il y a vraiment de tout », raconte Céline. Elle encourage donc d’autres ateliers à se monter et rejoindre les 70 déjà existants en France. Ne serait-ce que pour montrer qu’ « il y a d’autres manières de faire les choses ». La vélorution est en marche !


Emmanuel Daniel

Aller plus loin
Le site de Vélo Station, premier atelier d’auto-réparation de cycles à Strasbourg qui a directement inspiré Bretz’selle

Le site d’Heureux cyclage : le réseau national des ateliers d’auto réparation

Charte d’utilisation de l’atelier Bretz’selle

Carfree, site d’information qui vise à lutter contre l’oppression automobile et propose de nombreuses alternatives en termes de mobilité et d’urbanisme

Vous aimez le vélo ? Vous attendez la révolution ? Vous aimerez la vélorution !

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